photo : Sylvie Durbec
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Où exactement vit-on, dans quelle contrée (étrange mot), quel paysage, quelle langue.
À entendre et lire les états du monde, à part vivre terré dans une caverne, on ne voit pas bien comment tout ça pourrait aller, et où.
Et on se dit, même une caverne ne serait pas étanche à la rumeur sanglante.
Le désordre est tel que la fatigue l’emporte, devant le travail à faire; on se laisse tomber dans un fauteuil.
Sans pleurer, non. Sans sourire non plus.
Sauf à la colline, à l’oiseau transformé en tigre ( à moins que ce ne soit le contraire), aux toutes petites fleurs de sauge ananas qui éclatent en rouge au bas de l’escalier.
Aligner ces quelques mots témoigne d’un effort amical envers les animaux qui nous entourent encore.
Pour combien de temps? On ne sait plus à qui se fier, disent les gens. À personne, répondent d’autres gens.
Le jardin refleurira, disent d’autres, plus optimistes ou en meilleure santé. Certains écrivent encore, dessinent, montrent leurs oeuvres. Croient que le monde existant est vivable.
Même si désormais une autre intelligence organise l’avenir. Jusqu’au passé qui tremble à son tour.
Et ce matin, la cruauté (sa crudité aussi) empêche de sourire.
Que va-t-on mettre dans la valise du départ?
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L’autrice
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Sylvie Durbec
poète, plasticienne, traductrice, elle est née à Marseille, et publie depuis plus de vingt ans.
Trois recueils chez JACQUES BRÉMOND dont un lauréat du prix Jean Follain en 2008, Marseille éclats et quartiers.
Derniers livres publiés : 2024 : Se tenir à carreaux sous le ciel, Petit Flou
2025: Père Liban Mère Suisse, Rosa Canina édition
Traduction: Chronique d’une extinction de Lucetta Frisa aux éditions Propos2
La grande Lièvre avec des dessins de Martine Lafon au Singulier imprévisible.
Ses dessins et collages illustrent souvent des livres publiés par ses amis.

