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La Rançon

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Paie le prix du sang pour entendre l’aurore,

la symphonie des souffles dans l’aube qui caresse l’immensité,

le prix de la menace et le prix du sort.

Paie un prix fort pour pouvoir gratter les cils des étoiles

et fondre avec les gouttes de pluie dans la mer.

Paie des élans verts et vétustes des rafales de ton cœur.

Cette blessure jalouse que tu as de plus cher,

qui n’admet point de rival que la déchirure des astres,

cet étrange embourbement qui survole l’ouragan

et t’emmène vers les cimes mêmes de la beauté

te façonnera des rêves aux silhouettes d’éternité.

Dans chaque étincelle,

tes murmures suspendent des notes bourrées des prémices du Verbe.

Paie de ton âme pour pouvoir lire dans le vent le miracle du chêne.

Paie de ta voix fertile, aux grappes juteuses de ta volonté, le prix de la révolte.

Aux levers de jour strangulés par la nuit, apporte ton chant d’orages,

le secret des mots non écrits sur le mur du couchant.

Paie de ta voix meurtrie de tous les orages le prix de la menace.

Fatigué sous le poids du globe,

écris dans la foulée les mystères de ta vie.

Ruiné malgré l’apothéose des profondeurs,

tisse ton existence en mots majeurs dans cette symphonie inspirée de l’éther.

Laisse aux flots la carcasse de tes sanglots.

Fais taire l’ouragan par la magie des mots

jetés à la mer pour bousculer la voix des vagues.

à propos du photographe, Jaume Saïs :

C’est par la poésie que j’ai commencé dans les années 80 ( sous le nom de Jacques Saïs ), avec

une collaboration dans la revue de création perpignanaise « Le Hangar Éphémère ». Ont suivi deux publications, « L’âme des oiseaux »en 1996 et »Visages traversés »en 2004.

Un langage poétique qui s’est déplacé par la suite vers la photographie, concrétisé par diverses expositions sous le nom de Jaume Saïs en 2017, 2018 ( avec le plasticien Joseph Maureso ), 2023 à l’Espace des Arts du Boulou ( Exposition «  Rendez-vous avec le bruissant » ), 2025 enfin à Torreilles-Village.

En 2020 également, l’exposition «  Embrasser le paysage » pour la sortie du livre photos-texte « Nos Jardins » en compagnie du poète Serge Bonnery.

Par ailleurs, j’ai eu aussi la possibilité de contribuer à des livres d’artistes dans la collection « Les Cahiers du Museur » d’Alain Freixe ( avec les poètes Didier Manyach, Serge Bonnery, Alain Freixe, Hoda Hili ).

Je vis la photographie comme une autre écriture, principalement tournée vers une atmosphère poétique.

Au-delà de l’oeil qui voit et de «l’ entendu » de ce qu’il voit, comment traduire ce qui nous parle ?