photo mbp
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Vers Jean-Claude Goiri
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pour un livret bref et incandescent ? Évangile des oiseaux noirs ? …
L’oiseau, bouche nerveuse du réel… [À 4h12, l’hirondelle recommence le monde.
Les hommes, eux, ne feront que le commenter jusqu’à sa ruine…]-
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L’hirondelle ne chante pas : elle mitraille l’aube.
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De quatre à cinq heures, elle parle contre la nuit comme une femme qu’on aurait enfermée trop longtemps dans sa propre gorge
Elle ne décrit rien
Elle avertit
Quelque chose approche toujours
dans son babil —
un soulèvement minuscule
du monde
La première couture de lumière
sur le ventre noir du ciel
Puis le merle arrive
plus grave
plus souverain
Comme si après le délire
venait l’annonce officielle du jour
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Et déjà la route commence
à mâcher ses moteurs,
les hommes leurs phrases usées,
les cuisines leur vaisselle,
les radios leur cendre sonore
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Alors la parole humaine reprend
le relais des oiseaux
Elle creuse son sillon de fatigue
jusqu’au soir,
laboure les heures
avec des mots qui ne savent plus voler
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Mais avant cela —
dans cette heure sans témoin,
l’hirondelle parle seule
au bord du monde
Et personne ne comprend
qu’elle est peut-être
l’eau vive du cœur,
la dernière langue vivante
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L’autrice :
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Murielle Compère-Demarcy (MCDem.)
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à retrouver ici :
