.
Remonter le courant
encore et encore
jusqu’à ce qu’il se tende se soulève
s’évase
aller à la courbure
au creux
où les mains traversent à gué
elles savent
-depuis l’âge des pierres-
les caresses usées jusqu’au minéral
et aussi
les paumes semées de vieilles écritures
qui nous poussent sans cesse
à l’encre des corps renversés
JS.. Texte septembre 2021
*
*
*
;
Les arbres dénudés rêvent-ils debout
à des feuilles enroulées
comme doigts de fées
dans le secret des sources?
*
*
*
Attends
je vais libérer
la forêt nue
de sous mes ongles
l’humus et la racine
qui soulèvent tes saisons
déjà arc-boutées
sur le printemps
qui vient
*
*
;
De l’arc bandé dans l’entre-deux ne viendra pas la flèche qui va nous mourir au défaut de l’épaule, mais le trait d’une douceur infinie qui se fichera dans l’oeil de la mémoire, à la renverse des heures, entre nuit noire et page blanche du jour à venir.
*
*
*
*
Après le baiser des roseaux, viendra le moment d’écrire, rive à rive, avant la nuit.
Une manière d’étreindre encore, au-delà de l’étendue liquide.
Naturellement, il faudra confier les lettres aux cris des oiseaux, eux qui savent mieux que quiconque trouer l’invisible et renverser l’inaudible..
;
L’auteur
Jaume Saïs, photographe et poète :
C’est par la poésie que j’ai commencé dans les années 80 ( sous le nom de Jacques Saïs ), avec une collaboration dans la revue de création perpignanaise « Le Hangar Éphémère ». Ont suivi deux publications, « L’âme des oiseaux » en 1996 et »Visages traversés »en 2004.Le langage poétique s’est déplacé par la suite vers la photographie, concrétisé par diverses expositions sous le nom de Jaume Saïs en 2017, 2018 ( avec le plasticien Joseph Maureso ), 2023 à l’Espace des Arts du Boulou ( Exposition « Rendez-vous avec le bruissant » ), 2025 enfin à Torreilles-Village.
En 2020 également, l’exposition « Embrasser le paysage » pour la sortie du livre photos-texte « Nos Jardins » en compagnie du poète Serge Bonnery. Par ailleurs, j’ai eu aussi la possibilité de contribuer à des livres d’artistes dans la collection « Les Cahiers du Museur » d’Alain Freixe ( avec les poètes Didier Manyach, Serge Bonnery, Alain Freixe, Hoda Hili ).
Je vis la photographie comme une autre écriture, principalement tournée vers une atmosphère poétique.
Au-delà de l’oeil qui voit et de «l’ entendu » de ce qu’il voit, comment traduire ce qui nous parle





