couverture : René Magritte, Le Faux miroir
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Les phénomènes (suite de 14 poèmes) – inédits
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La super Lune comme phénomène
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Certaines personnes ajustent leur appareil,
d’autres prennent leur plume:
mis à part la Lune, qui est susceptible de provoquer un événement?
« Plus grandes paraissent les choses,
Plus facilement elles suscitent des émotions. »
La Lune continue sa trajectoire prédestinée. Indifférente,
elle ne cherche qu’à devenir ce qu’elle est①.
Un phénomène peut en cacher un autre.
Par induction, notre cœur démontre l’alignement des 3 points:
la Lune, la Terre et le Soleil.
Certaines personnes tentent de comprendre.
— Le paraître et l’être, leur différence tient à la proximité
de la Lune avec les branches d’arbres.
① Une paraphrase de la citation “Deviens ce que tu es” de Pindare (et de Nietzsche).
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La fuite d’eau comme paradoxe
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Le hasard est un déterminisme sur les éventualités quotidiennes. Par exemple
aujourd’hui, vous réalisez la fuite d’un robinet.
L’eau s’y écoule: une goutte, puis une autre, comme des mots qui hésitent.
Peut-être il se trouve dans cet état depuis fort longtemps déjà. Mais vous qui êtes engourdi
fermez les yeux sur les sons similaires aux battements de cœur.
Le robinet ne disparaîtra pas pour autant. Chacun a sa manière
d’exprimer l’obstination de son existence
– même en serrant très fort, il continue à goutter.
Ce qui s’échappe ainsi est souvent la vérité :
le son d’une trotteuse d’horloge est assez subtil pour secouer
le poids d’une montagne comme la légèreté d’une poussière insignifiante.
Il est doué à casser le paradoxe du changement qualitatif du changement quantitatif.
Une goutte est une seconde, deux gouttes plus lentes que deux secondes.
La patience est sa première richesse. Il sait que
la troisième goutte finira toujours par fuir, un roc,
aussi solide qu’il soit, par laisser son cœur s’ouvrir.
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L’ éboulement comme mensonge
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« La déformation des corps dépend de la force
avec laquelle un poète applique les mots. »
Il ne s’agit pas d’un jugement sur la proportion de vue d’un cartographe,
mais d’un communiqué sur un glissement de terrain.
La maladresse du poète est connu de tous:
depuis la dureté d’un disque dur, il glisse sur une pente
en impliquant l’eau souterraine
qui opère en toute opacité. Le cartographe
en exploitant l’abstraction de la perspective, restitue
l’érosion de sol, le gonflement. D’un coup de crayon,
d’un trait, une fracture s’ouvre à partir de quelques trous d’épingle.
Il ne s’agit pas de déclarer : par rapport à un épingle, l’utilité d’un poème est nulle.
mais: la gestation d’une coulée de boue ne se fait pas en un jour.
Un jour, l’ordre d’une voie s’écroulera.
– Le cartographe est là pour le marquage des cartes.
Le poète consulte souvent le dictionnaire, mais sa tête est ailleurs.
Un glissement de domaine sémantique survient-il?
« Les mots sont plus vulnérables qu’innocents.
En dehors du dictionnaire, ils ne sont pas archivés. »
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D’autres textes de l’auteur :
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